Site de la section Lutte du RUEIL ATHLETIC CLUB

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L'INTERVIEW 

 

Un entretien avec une personnalité phare du club. Honneur au plus ancien (mais toujours jeunes et personnage emblématique du club : Daniel, notre ancien président.

 

 

  1. A quel âge as tu commencé la lutte ?
    Après le service militaire à 20 ans, chez moi à Bourg-en-Bresse (Nous étions à la veille de la première guerre mondiale. j'allais devoir mettre ma carrière entre parenthèses pour partir sur le front).

  2. Pourquoi as-tu choisi ce sport?
    J’avais pratiqué le Hand-ball au lycée, il n’y avait pas d’équipe chez moi dans le moment. J’avais testé le judo également, mais les brulures sur le tatami ne m’ont pas plu. Et c’est un collègue de travail (turc et ancien lutteur) qui a créé une section au sein du club omnisport du comité d’entreprise qui m’a convaincu d’essayer la lutte.

  3. Que représentait la lutte quand tu as commencé?
    Pour moi, c’était un moyen de faire du sport, je ne connaissais pas cette activité.

  4. Etait-ce un sport connu, reconnu, populaire, médiatique, professionnel respecté, décrié...?
    C’était surtout un sport méconnu, bien qu’un club existait déjà chez moi.

  5. Quel a été ton premier club ?
    L’Association Sportive du Comité Berliet Bourg section Lutte (à Bourg en Bresse ). J’ai été le premier Président de cette section.

  6. Comment se déroulait l'apprentissage ?
    Nous avions deux entrainements par semaine, le mercredi et le vendredi (tiens comme au RAC !). C’est le collègue qui a créé la section qui entraînait. Les six premiers mois, uniquement en lutte libre et ensuite, les 2 styles.

  7. Quels ont été tes professeurs ?
    Notre premier entraîneur, le CTR du Lyonnais (René JALABERT qui a été entraîneur national en gréco), j’ai participé à plusieurs de ses stages d’athlètes.
    Christian JOLY, qui était professeur à l’UPEPS de Nice et qui animait des stages d’éducateur pendant les vacances d’été. J’ai participé pendant 3 ans pour atteindre le niveau Professeur de Lutte. J’ai ensuite obtenu le BEES 1.


  8. Quand as-tu commencé les compétitions?
    Dès la première année, avec les championnats débutants et quelques coupes et challenges par équipe. Parmi les premiers adhérents de la section, il y avait trois lutteurs confirmés.

  9. Jusqu'où as-tu été ?
    J’ai participé à plusieurs Championnats Nationaux FSGT ou mon meilleur classement a été 3ème en gréco. J’ai participé à un Championnat de France FFL ou je me suis classé 4ème en lutte libre.

  10.  As-tu enseigné la lutte?
    Oui, après deux ans de pratique et pendant toute ma carrière de lutteur, jusqu’à aujourd’hui.

  11.  A qui où et comment?
    D’abord, dans mon premier club ou nous avions une section enfants d’environ 25 jeunes, et un groupe juniors et seniors de 20 personnes. J’ai entraîné mon premier club pendant 14 ans. Mes jeunes lutteurs (trois en minimes et un cadet sont montés sur le podium en Championnats de France ; un senior a été champion national en FSGT et 1 autre a fait plusieurs 2ème et 3ème places). Puis une mutation sur Lyon m’a obligé a cesser mes activités dans mon premier club.
    J’ai ensuite assuré l’entrainement du club de Décines en région lyonnaise pendant trois ans. Pendant cette période, un jeune cadet de ce club a terminé 3ème au Championnat de France. C’était la seule médaille du Lyonnais cette année là avec les jeunes. Depuis 1987, c'est la période parisienne : un an à l’ACBB, puis le RAC jusqu’à aujourd’hui ou j’ai assuré la Présidence à partir de 1990, avec des épisodes d’entraîneur en fonction des besoins de la section.

  12.  Les arts martiaux véhiculent à tort ou à raison une philosophie, une éthique, un style de vie, voire une mythologie. Est-ce la même chose pour la lutte?
    Pour la Lutte, il y a moins de « cinéma » autour de la discipline. Je pense que la lutte est plus « morale » que la plupart des arts martiaux qui permettent les blessures dans leur règlement. La règle d’or de la Lutte pour les débutants est « NE PAS FAIRE MAL ».

  13.  Y-a t-il un esprit lutte, quelles sont les valeurs de la lutte ?
    Je pense qu’il y a une ambiance « LUTTE », souvent après une compétition, on se retrouvait à plusieurs clubs pour se restaurer avant de rentrer (je n’ai pas connu ça au judo). On peut être adversaire sur le tapis et très bon amis dans la vie.
    Il y a toujours le respect de l’adversaire. On enseigne le respect du corps d’arbitrage.

  14.  Penses-tu que la lutte a formé ton caractère et influencé ton comportement en dehors du cercle?
    Oui, je pense que l’on affronte plus facilement les problèmes de la vie et que l’on développe une volonté et une opiniâtreté pour aboutir. La lutte est un bon apprentissage pour se battre dans la vie et si l’on est suffisamment « technique », ce n’est pas toujours le plus fort qui gagne.

  15.  Que dirais-tu à un parent pour le rassurer sur le choix de son enfant de faire de la lutte?
    Je dirais que la lutte est un sport complet, qui développe harmonieusement le corps, qui donne souplesse et agilité, avec un travail en puissance qui peut être très utile dans la pratique d’autres sports. Dans le même temps, le règlement est sécurisant car les « brutalités » ne sont pas permises et le respect des autres est important.
    C’est un sport qui permet de prendre confiance en soi. La pratique est surtout individuelle, mais il y a beaucoup de compétitions par équipes qui permettent aussi de connaître le partage dans la victoire comme dans la défaite.

16. Pourquoi Sébastien triche t-il toujours autant?
Parce que c’est un sale gosse. (Mais à dire la vérité, nous sommes tous un peu jaloux de lui, surtout Thierry notre webmaster qui veut tant lui ressembler, mais le problème actuellement c'est qu'il a des kilos en trop, il a pris du bide et il se traine sur le tapis, un vrai gastéropode). Mais ce n’est pas un mauvais Président.

 

Interview réalisée par Vincent Campion

(à qui il manquera toujours un "h")